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Archive for septembre 2011

Envie de vomir

Je m’étais fait une idée de l’affaire DSK (ou je dirais plutôt l’appel à la justice de Nafissatou Diallo). Je soutenais dès le départ la présomption de non-consentement : pourquoi une femme serait-elle présumée consentante lors d’une relation surtout quand celle-ci ne dure quelques minutes ? J’attends des explications : ah oui… on aime ça ! On est aussi un peu maso sur les bords nous, les femmes, même si on dit le contraire.

Bref. J’ai eu droit à quelques oppositions lors de ma défense de cette femme durant une discussion. Des relevés bancaires, un appel téléphonique…

Alors, j’ai cherché sur internet. Internet est à la fois merveilleux et dégoûtant !

Explication.

L’appel téléphonique selon lequel elle aurait dit « il est riche, je sais ce que je fais » : mauvaise traduction, info mal donnée au public, merci ! Non, non. En tout cas, je donne l’autre version : « j’ai été violée par un homme puissant » et le « je sais ce que je fais » avait rapport avec son avocat. Bien.

Le relevé bancaire : 100 000 dollars. Plusieurs hypothèses que j’ai lu à droite à gauche : implication dans un trafic de drogue ou fric donné par DSK. La victime dit qu’elle fait la transition d’argent pour son ami, cela corroborerait donc la première hypothèse. Voilà comment j’interprète ces faits. En premier lieu, si il a en effet donné de l’argent à Nafissatou Diallo, cela ne joue pas en la faveur de DSK. Soit c’était pour la faire taire, soit c’était pour avoir eu une relation sexuelle payée (ici n’est pas mon intention de débattre sur la prostitution, mais voyez-y une forme de violence également). En second lieu, si c’est une implication dans une affaire de drogue, je ne vois pas en quoi cela devrait interférer avec « l’affaire » qui nous intéresse, c’est-à-dire une accusation de viol. Pas de lien. Certains pourront dire qu’elle a menti sur des pans de sa vie, oui et alors ? est-ce que pour autant elle aurait menti sur ce point précis ? Moi je l’avoue, j’ai déjà menti. Pourtant je sais aussi dire la vérité. Cela ne paraît pas étonnant, pourquoi ça le serait dans son cas à elle ?

Ah oui, j’oubliais, c’est une histoire de viol. Une histoire de femme je dirai même. Les femmes sont vénales, manipulatrices, menteuses, salopes. Aucune confiance. Toujours être soupçonneux…

Je n’ai même pas envie de remettre les chiffres sur le viol (on peut les trouver un peu partout sur le net), mais il est clair que mentir sur un prétendu viol n’apporte rien du tout à la prétendue victime. Elle y perd sa réputation (ouh la salope!), ses amis, sa famille (heureusement pas pour toutes) et elle y gagne… la solitude, et non un procès. 2% de condamnations pour 75000 viols (si finalement, je les mets ces chiffres!).

Alors voilà, au moment où je cherchais quelques éclaircissements sur la toile, j’y ai vu les monstruosités habituelles, des choses dégueulasses (« ouh la salope! ») et les gros gros gros clichés (« oh mais personne l’a entendu crier, et elle peut pas lui faire une fellation sans qu’il la menace d’une arme »). Vraiment dégoûtant. Il est évident que ces personnes n’ont cherché aucune info sur le viol et ses traumatismes, et quand bien même on leur mettrait tout sous les yeux avec tout ce qu’il y a de pertinent, eh bien non, non. Les gens aiment se rattacher aux gros clichés qui les confortent dans leur sécurité.

Voilà pourquoi j’ai envie de vomir.

Et cela me fait penser à un très bon article que tout le monde devrait lire du moins avant de se permettre de juger une victime – ou prétendue victime (certains préfèrent) : La nausée, de Muriel Salmona

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