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Archive for février 2012

Je n’aime pas cette expression.

D’abord, parce que c’est l’expression préférée des machos. Comme si cela pouvait tout justifier.

– Je la frappe, mais c’est parce que je l’aime ;

– Un crime passionnel : une homme tue sa femme par amour.

Il y a comme quelque chose de pas logique. Je me demande encore si ces personnes sont persuadées d’aimer l’autre. Je pense que oui, seulement ils n’ont pas la bonne définition de l’amour (comme les journalistes qui parlent de « crime passionnel »). Depuis quand, frapper quelqu’un est synonyme d’amour ? Ils confondent amour et possession, amour et domination.

Et puis, en soi, cette phrase n’exprime que le contraire de ce qu’elle veut nous faire croire (sauf si cette phrase est dite dans le cadre de ses préférences sexuelles, le verbe « aimer » n’a pas le même sens).

« J’aime les femmes » et non pas « j’aime une femme ». Dans la première phrase, j’associe plutôt « aimer » à un goût, une préférence, comme on aime quelque chose, un loisir : « j’aime le rugby ». Alors que les femmes sont des personnes, des individus ; si on aime un individu, on l’aime pour ce qu’il est, pour lui tout entier. On ne peut pas aimer « les » femmes, au même sens qu’on aime « une » femme. Regrouper les femmes pour exprimer son désir à leurs égards, revient à ne pas les considérer comme des individus à part entière ; je pense plutôt que cela rejoint une forme d’objétisation.

« J’aime les femmes – pour ce qu’elles représentent ». Alors non, ce n’est pas de l’amour. Et pourtant, puisque « aimer » est associé à un mot qui désigne une personne, on se trompe aisément sur son sens.

Alors, voilà pourquoi je déteste cette phrase. Beaucoup la sortent à tort et à travers, en pensant y voir quelque chose de positif, alors que cette phrase ne fait que contribuer au mépris des femmes.

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