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Archive for septembre 2012

Aujourd’hui je vis un cas d’école. Je fais face à une « campagne » de décrédibilisation qui illustre ce à quoi les victimes de violences sexuelles peuvent se heurter. Cette histoire éclaire particulièrement l’attitude et la (non-)logique des défenseurs des agresseurs potentiels.

Posons le contexte de cette histoire personnelle : moi, A avec qui j’ai couché il y a belle lurette et B une amie commune. De part mon expérience précédente, j’avais un rapport à ma personne, à mon corps et à ma sexualité complètement chamboulé. La relation avec A, que j’ai voulue, a été une vraie catastrophe puisque j’ai du faire face à mes « désordres » intérieurs, puisque je vivais des flash-back émotionnels permanents qui ont empiré l’image que j’avais de moi. Cette histoire m’a véritablement fait souffrir en ce qu’elle réveillait en moi. Après des mois et des mois d’auto-flagellation, j’en suis venue peu à peu à écouter mon corps et la souffrance que j’avais ressentie à ce moment-là. J’ai fini par réaliser que j’étais dans mon droit, le droit à la reconnaissance de cette souffrance. Pour cela, j’ai du partager mes angoisses et ma vulnérabilité à A qui les a merveilleusement méprisées.

A partir de cette histoire, B s’auto-persuade que j’accuse A de viol.

Etant totalement ignorante des pensées et des actions de B à mon égard, celle-ci raconte autour de moi que je suis « une féministe extrémiste », « obsédée par le viol » et que je veux que A « crève ». Ce que je vois ici, c’est qu’on veut me faire passer pour une espèce de folle psychopathe qui voit des viols là où il n’y en a pas et qui déteste tellement A que je serais prête à inventer n’importe quoi pour me venger.

Tout ceci vous rappelle-t-il quelque chose ? La décrédibilisation de la parole des victimes. J’ai l’impression que B met en place une stratégie pour que ma parole devienne sans valeur, illégitime, le jour où je déciderai de dire que A m’a violée.

A côté de ça, B a également tenter de m’isoler en invoquant des disputes imaginaires ayant pour sujet mon féminisme aggravé.

Donc, je suis une folle mais personne ne viendra me défendre parce que je n’aurai plus d’amis qui voudront se démener pour prouver le contraire.

Enfin, je trouve cette histoire particulièrement révélatrice parce qu’il n’y a pas viol. Mais B s’en est-elle assurée ? Est-elle venue me parler pour connaitre mon ressenti, ma vision de voir les choses ? Non. Nous ne pouvons donc pas dire qu’elle ne me crois pas parce que j’avais une version qui lui paraissait pas très convaincante. Non, elle a décidé que j’avais tort. Et c’est ça que je trouve complètement ahurissant mais si parlant. B, extérieur au possible viol, est d’office du côté du violeur potentiel, parce que, j’imagine, « il n’est pas comme ça », « c’est un type bien » : vive le pays des Bisounours et il faut y rester coûte que coûte.

D’ailleurs je suis persuadé qu’elle croit véritablement à ma folie. C’est tellement plus simple que de se poser des questions.

Voilà, tout ceci m’éclaire de l’hypocrisie et de la stupidité de ceux qui défendent avec acharnement des violeurs. Ce sont des gens qui se bornent (borgnent ? -un petit peu d’humour) à être aveugle parce qu’ils ne veulent pas voir.

Courage donc à toutes les victimes qui doivent subir ça.

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Un petit coup de gueule pour aujourd’hui.

Je suis rarement malade, je me suis faite opérer une seule fois dans ma vie et, donc, j’ai connu que très peu de médecins différents. Les seuls que je vois régulièrement sont mon médecin traitant et ma gynécologue ; toutes les deux sont des femmes. La seconde est très sympathique, elle te met facilement à l’aise, ce qui est assez idéal pour un gynécologue (ma 1ère gynéco était d’ailleurs assez froide et je n’y suis jamais retournée). Quant à la première, j’avoue que je ne l’aime pas trop. Parfois j’ai l’impression qu’elle en a un peu marre que des patients viennent la voir à la chaîne, mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’elle est méprisante. Ce qui est dérangeant c’est qu’on est censé avoir une relation de confiance avec son médecin. J’ai même entendu dire qu’un bon médecin est celui qui est toujours en retard car il prend le temps de discuter avec ses patients. J’aillais dire que cette confiance était paradoxale avec le statut même du médecin qui lui confère un certain « pouvoir », mais en fait c’est tout à fait logique, on lui fait confiance pour qu’il n’abuse justement pas de sa position.

Là où je veux en venir c’est que lorsqu’on est face à un médecin homme, on est face à une double domination, en tant que femme. Le médecin décide ou non d’abuser de sa double position dominante, et beaucoup sont sûrement tout à fait respectueux, mais je me demande s’il n’y a pas plus de risques. Le métier de médecin est plutôt valorisé (idéologiquement parlant) ce qui peut entraîner un certain dédain pour nous autres, pauvres mortels, à quoi se rajoute l’éducation genrée qui peut causer un certains mépris des femmes (jusqu’à l’objétisation) ou bien une survalorisation de leur « être ».

J’ai du rencontrer 2 médecins de ce genre (3 si on étend le terme de médecin aux psychologues). Le premier quand j’avais 15 ans et le second, ce matin même (d’où mon petit coup de gueule, faut bien que j’évacue un peu de mon énervement).

Pour le premier, c’était assez horrible quand j’y repense. Il a été très très méprisant avec ma mère et moi, peut-être à cause d’une petite erreur de planning (faut bien lui trouver des excuses), puis insultant quand il m’a traitée de « grand-mère » quand j’ai ouvert la bouche pour l’auscultation (j’ai rien contre les grands-mères, mais c’est assez déstabilisant de se faire parler de cette manière) et enfin, il m’a « palpé » les seins. Même si j’ai encore quelques doutes aujourd’hui, je ne crois pas qu’il avait à faire ça : ce n’était qu’un anesthésiste et c’était pour une opération des dents de sagesse. Le côté positif, c’est que même si c’en était une, je n’ai jamais vécu ça comme une agression. C’était un médecin, je ne me posais pas de questions pour savoir si c’était normal ou pas, même si, en soi, j’ai été assez étonnée voire dérangée. Et ce qui m’agace, c’est ça : ne pas se faire confiance, à soi, à son corps et à ce qu’on ressent, passé outre ses émotions parce que c’est un médecin. Je déteste le statut quasi-divin qu’un patient peut donner à son médecin parce que c’est lui qui peut te guérir, parce qu’il sait tout mieux que toi, parce qu’on est censé lui faire confiance. J’imagine assez mal poser des questions à chaque mouvement du médecin, mais peut-être qu’on devrait, c’est notre corps après tout. On devrait comprendre chaque manipulation que quelqu’un lui fait.

Après quelques années où je suis, entre autre, devenue féministe et où j’ai appris à me faire confiance et à écouter mon corps (même si ce n’est pas parfait), je suis encore tombée sur un médecin méprisant. Un accueil des plus chaleureux. J’ai l’ai tout de suite senti antipathique. Une façon de me poser des questions et de faire quelques remarques qui n’était pas très plaisante. Mébon, passons. Vient le moment où je me déshabille et où il me regarde de tous les côtés pour voir si je me tiens droite. Le moment où je vois ses yeux s’attarder sur un de mes seins, rrrrrh… Mébon, passons. Ensuite, rien de bien notable, mais par 2 fois, il me dit « vous êtes pas mal ». C’est bien sûr à comprendre dans le sens « tout va bien chez vous, vous êtes plutôt en bonne santé, rien ne cloche ». Mais je ne peux pas ignorer cette phrase à double sens ; et je sais très bien comment le langage peut-être un outils de domination et comment il peut être manipulé pour satisfaire les petits désirs machistes de certains. Et même si je le sais, si j’ai senti ça chez ce médecin, je peux rien dire, rien faire à part m’énerver intérieurement contre lui. Sinon, les gens croiraient que je suis hystérique.

Ah, et je n’aime pas les pharmaciens non plus.

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