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Archive for décembre 2012

Il semble que, dans notre société, la première relation sexuelle se produit quand le pénis « rentre » dans le vagin. Cela semble être la définition de base. Mais y a-t-il une certaine « profondeur » à respecter qui caractériserait la « première fois » ? Est-ce que la déchirure de l’hymen en est l’objectif ? Ou bien faut-il qu’il y ait éjaculation pour que ça compte ?

Tout ceci me semble bien rigide, bien technique : comment démonter par A + B que monsieur-madame a perdu sa virginité. Je n’aime pas cette définition.

Tout d’abord, c’est une vision très hétérocentrée. Je ne sais pas trop ce que la société pense des relations homosexuelles masculines : celles-ci devant se résumer à pénis-dans-anus ou pénis-dans-bouche, je me pose la question de savoir si Elle pense que celui qui « se fait pénétrer »* est toujours vierge parce que lui n’a pas mis son pénis-dans-quelquechose. Et que pense-t-Elle des relations lesbiennes ? Sans pénis, pas de relation sexuelle. Les Lesbiennes sont de vraies Vierges (je ris à l’idée que des catholiques doivent comparer les lesbiennes à leur vierge Marie).

Ensuite, il y a cette histoire d’hymen. On sait maintenant (et il y a 4000 ans, on le savait aussi) que toutes les femmes n’ont pas d’hymen, que celui-ci ne se déchire pas dès la première pénétration ou que la femme ne saigne pas toujours. Bref, la perte de la virginité, pour une femme, ne se résume pas à une caractéristique physique.

J’avais posé la question de l’éjaculation juste pour la rhétorique puisque je doute qu’elle entre en jeu dans la définition de la « première fois ». Mais elle est importante puisqu’elle rejoint la question de la reproduction. Je pense que c’est autour de cette dernière que la virginité se définit.

Aujourd’hui la virginité n’a pas grande importance. Mais dans une société où la filiation prend une grande place, la virginité des femmes en a une également. Elle n’a pas nécessairement de valeur morale mais une valeur technique/juridique. Si une femme est vierge, au sens de pas-de-pénis-dans-vagin, alors elle ne risque pas d’enfanter. Donc, chaque homme (monde patriarcal, quand tu nous tiens) est assuré que sa progéniture est la sienne si tant est que son épouse ne commette pas d’adultère (qui est exclusivement féminin dans certaines sociétés). La notion de virginité serait donc intimement liée à la capacité reproductive : ce qui n’a aucun sens aujourd’hui, ici, maintenant (oups, je prends la pilule, je ne peux être que vierge).

Ceci expliquant cela, je dis crotte à ceux qui parlent de « première fois ». Je pense plutôt que chacun a sa propre définition de la première fois parce que chacun a sa propre définition de la sexualité. Moi toute seule, j’ai vécu ma première fois ; ou bien je n’étais pas toute seule, mais personne n’a touché l’autre ; ou bien juste un peu ; ou beaucoup ; pleins de choses différentes ; ou rien du tout ; à 1, à 2 ou plus, avec n’importe qui. Chacun-e donne l’importance qu’il-elle veut à ses expériences sexuelles. Tant que ça compte pour lui-elle, alors ça compte ; si ça compte pas, ça compte pas.

J’ai couché avec pleins de garçons avant de vivre ma première fois.

*Je mets cette expression entre guillemets parce qu’elle est grammaticalement lourde de sens patriarcal, donc fausse. 🙂

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