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Archive for février 2013

ça va, ça vient

Des fois, le monde nous joue des tours. Le 10 février, j’avais décidé de marquer ce jour-là d’une pierre blanche. C’était le jour où j’avais eu un déclic, où je m’étais réconciliée avec moi-même. Bon bien sûr, j’avais encore beaucoup de travail à faire sur moi-même, mais j’avais senti que j’avais fait un grand pas en avant ce jour-là. Un an après, je ne tourne plus en rond, mais je suis dans cette période de bas. Le truc qui vous prend comme ça, tu te demandes pourquoi, t’as peur de replonger, t’essayes de trouver une solution.

J’en ai eu d’autres des périodes de bas. Elles sont passées, alors celle-ci aussi passera.

Des fois, le hasard de mes réflexions vont m’amener à ces jours où il n’y avait pas grand chose de bon pour moi. Je m’y ballade presque avec sérénité. Des fois, j’y trouve des informations, j’apprends quelques chose, je comprend un truc. Et j’encaisse. Les choses restent logiques, voire deviennent encore plus logiques. Rien ne bouleverse mes certitudes, mais ça met toujours un peu de temps à passer. J’imagine que c’est le temps d’assimiler l’information.

Mais ce n’est pas dangereux, ça ne me fait pas mal, je ne me sens jamais coupable de ce que j’apprends, je n’en ai pas non plus honte. Au pire, je me dis que j’étais un peu bête de pas l’avoir réalisé plus tôt. Mais au fond, tout ça ne change rien. Alors j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi ça ne va pas dans ces cas-là.

Il y a quelques jours, je me suis souvenue et j’ai compris qu’il y avait un deuxième type. Je me suis réveillée après avoir ressenti une douleur, comme si on m’appuyait dessus. Et il était là, nu comme un vers, à déguerpir à quatre pattes au moment où j’ai ouvert les yeux. La seule explication que j’ai eu le lendemain, c’était à propos d’un radiateur. Je n’étais pas convaincue et je ne voulais certainement pas savoir ce qu’il foutait là. Aujourd’hui, je ne sais toujours pas pourquoi il était là : est-ce qu’il m’a touchée (j’en doute) ? est-ce qu’il s’est masturbé à côté de moi ? ou est-ce qu’il m’a « juste » regardée ? Je n’en sais strictement rien et même si mes souvenirs étaient nets, je n’en saurais pas plus parce qu’il me semble avoir été dans l’incompréhension totale au moment où je me suis réveillée. Quand je me suis rappelée de cette scène, après un petit choc, la colère (que je chérie particulièrement) est vite montée et je voulais savoir. Sûrement, histoire d’être sûre de la raison qui me faisait détestait ce type, être sûre de ce que j’ai à lui reprocher. Aujourd’hui, je ne suis pas certaine de vouloir le savoir. Ce que je sais, c’est que ce n’était pas normal, il n’avait pas à être là et c’est le principal. Le reste finalement, ce sont des détails.

Alors bon, qu’est-ce que ça change ? Un évènement à digérer, je pense, mais au fond, rien ne change. Tout est à la bonne place, je le déteste, ce n’est pas de ma faute. Je suis presque énervée de voir mon corps ne pas suivre ce raisonnement, ça m’agace, ça m’enfonce et je sais pas quoi faire. A chaque fois, j’en arrive à cette même conclusion: ON S’EN FOUT! Alors, vite, je veux que ça aille vite.

Et puis, je me retourne vers cette colère, mais en fait non. J’ai pas envie ; oh, juste assez pour éviter de tomber dans la culpabilisation « je suis faible, je contrôle pas mon corps » qui est facilement balayée par un « c’est de leur faute si je suis comme ça ». Donc voilà Mme Colère et ma petite liste de personnes à détester. Je l’ai écrite l’autre jour, ceux qui ont usé de mon corps d’une manière ou d’une autre : il y en a 6. Je les déteste pas tous d’ailleurs, ou du moins pas tous de la même façon.

Finalement mon problème, c’est peut-être parce que je garde tout ça pour moi. Comme avant, comme à l’époque où j’ai créé ce blog histoire d’avoir un endroit où évacuer le trop plein. Parce que je me dis, quand même, 6 ! On me prendrait pour une cas soc’. Même si je n’ai pas honte de moi, je reste assez méfiante de ce qu’on pourrait penser de moi. Moi toute seule, je gère mes problèmes, mais j’aurais honte de les partager. Et puis, à quoi ça sert ? Que peuvent-ils faire ? Rien, tout est réglé dans ma tête. Et ça tourne en rond, toujours, dès que je veux faire rentrer quelqu’un dans ma vie, dans cette vie-là.

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