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Archive for the ‘Mes jérémiades’ Category

Une lutte sans fin

J’ai pas emmené mon carnet. J’ai du penser que je n’en aurais pas besoin. J’ai du me dire que j’allais passer ma « nouvelle vie » à m’amuser. Et que tout irait bien.

Au fond, j’avais sûrement pas tort. En partant, je me suis éloignée de certains éléments toxiques, de certaines angoisses, la peur de retomber sur des gens, la peur qu’ils me renvoient à ce passé, et ce truc désagréable, inconfortable que je ressens quand je revois certaines personnes en imaginant très bien qu’ils me prennent pour une tarée, une fille dangereuse, une menteuse.

J’ai pas tout ça ici. Et au final, même l’environnement dans lequel je suis m’incite à être plus confiante, plus sûre de moi. Assez rapidement, je suis devenue très proche d’une fille, une amie. J’ai l’impression de rencontrer beaucoup plus de féministes. Malgré ma timidité, j’ai quand même mon rendez-vous hebdomadaire où j’écoute pleins de gens discuter du féminisme, du racisme, de la transphobie… Je rencontre ces gens motivées, en colère, solidaires, joyeuses. Ça fait du bien!

Et toute cette assurance, j’ai pas envie de la lâcher. Je ne m’imagine pas le faire. Je vois pas comment. Quand une dizaine de garçons viennent me réveiller, dans une chambre, seule avec eux, et qu’ils essayent de m’intimider, de me faire peur, de rire de moi, de jouer avec moi, je lâche pas le morceau, j’ai pas peur, je ne joue pas. Et c’était même assez facile en fait, sûrement parce que j’avais deviné avant ce qui allait se passer. Au final, j’étais fière de moi, j’ai changé et ça on ne me l’enlèvera pas.

Et puis il y a ces moments, sans savoir vraiment d’où ils sortent, où t’as pas la force. Où tout ça te déprime. T’as tes souvenirs et t’as aussi ceux des autrEs. Et tu te demandes comment on va s’en sortir. Tu te demandes si un jour, plus rien ne nous menacera, si on pourra arrêter d’être sur nos gardes. Si on sera là aussi, les unes pour les autres. Si on arrivera à s’entraider, s’il ne sera pas trop tard, encore une fois.

Je n’ai plus l’impression d’avoir peur de mon passé, mais parfois le futur m’effraie. Et si on trahissait ma confiance ? Et si je me trahissais moi-même ? Comment je pourrais alors me supporter ? Car si, malgré les solutions que j’ai aujourd’hui, j’en suis quand même arriver à ça, ça voudrait dire que ces solutions ne marchent pas. Il me restera quoi alors pour m’en sortir ?

Alors du coup, je me dis que je dois rester sur mes gardes. Mais j’en ai marre d’avoir à me défendre. C’est épuisant, j’ai pas envie de passer toute ma vie dans cet état. J’aimerais être sûre que plus personne n’aura les moyens et l’intention de m’agresser. J’aimerais vivre en paix.

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ça va, ça vient

Des fois, le monde nous joue des tours. Le 10 février, j’avais décidé de marquer ce jour-là d’une pierre blanche. C’était le jour où j’avais eu un déclic, où je m’étais réconciliée avec moi-même. Bon bien sûr, j’avais encore beaucoup de travail à faire sur moi-même, mais j’avais senti que j’avais fait un grand pas en avant ce jour-là. Un an après, je ne tourne plus en rond, mais je suis dans cette période de bas. Le truc qui vous prend comme ça, tu te demandes pourquoi, t’as peur de replonger, t’essayes de trouver une solution.

J’en ai eu d’autres des périodes de bas. Elles sont passées, alors celle-ci aussi passera.

Des fois, le hasard de mes réflexions vont m’amener à ces jours où il n’y avait pas grand chose de bon pour moi. Je m’y ballade presque avec sérénité. Des fois, j’y trouve des informations, j’apprends quelques chose, je comprend un truc. Et j’encaisse. Les choses restent logiques, voire deviennent encore plus logiques. Rien ne bouleverse mes certitudes, mais ça met toujours un peu de temps à passer. J’imagine que c’est le temps d’assimiler l’information.

Mais ce n’est pas dangereux, ça ne me fait pas mal, je ne me sens jamais coupable de ce que j’apprends, je n’en ai pas non plus honte. Au pire, je me dis que j’étais un peu bête de pas l’avoir réalisé plus tôt. Mais au fond, tout ça ne change rien. Alors j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi ça ne va pas dans ces cas-là.

Il y a quelques jours, je me suis souvenue et j’ai compris qu’il y avait un deuxième type. Je me suis réveillée après avoir ressenti une douleur, comme si on m’appuyait dessus. Et il était là, nu comme un vers, à déguerpir à quatre pattes au moment où j’ai ouvert les yeux. La seule explication que j’ai eu le lendemain, c’était à propos d’un radiateur. Je n’étais pas convaincue et je ne voulais certainement pas savoir ce qu’il foutait là. Aujourd’hui, je ne sais toujours pas pourquoi il était là : est-ce qu’il m’a touchée (j’en doute) ? est-ce qu’il s’est masturbé à côté de moi ? ou est-ce qu’il m’a « juste » regardée ? Je n’en sais strictement rien et même si mes souvenirs étaient nets, je n’en saurais pas plus parce qu’il me semble avoir été dans l’incompréhension totale au moment où je me suis réveillée. Quand je me suis rappelée de cette scène, après un petit choc, la colère (que je chérie particulièrement) est vite montée et je voulais savoir. Sûrement, histoire d’être sûre de la raison qui me faisait détestait ce type, être sûre de ce que j’ai à lui reprocher. Aujourd’hui, je ne suis pas certaine de vouloir le savoir. Ce que je sais, c’est que ce n’était pas normal, il n’avait pas à être là et c’est le principal. Le reste finalement, ce sont des détails.

Alors bon, qu’est-ce que ça change ? Un évènement à digérer, je pense, mais au fond, rien ne change. Tout est à la bonne place, je le déteste, ce n’est pas de ma faute. Je suis presque énervée de voir mon corps ne pas suivre ce raisonnement, ça m’agace, ça m’enfonce et je sais pas quoi faire. A chaque fois, j’en arrive à cette même conclusion: ON S’EN FOUT! Alors, vite, je veux que ça aille vite.

Et puis, je me retourne vers cette colère, mais en fait non. J’ai pas envie ; oh, juste assez pour éviter de tomber dans la culpabilisation « je suis faible, je contrôle pas mon corps » qui est facilement balayée par un « c’est de leur faute si je suis comme ça ». Donc voilà Mme Colère et ma petite liste de personnes à détester. Je l’ai écrite l’autre jour, ceux qui ont usé de mon corps d’une manière ou d’une autre : il y en a 6. Je les déteste pas tous d’ailleurs, ou du moins pas tous de la même façon.

Finalement mon problème, c’est peut-être parce que je garde tout ça pour moi. Comme avant, comme à l’époque où j’ai créé ce blog histoire d’avoir un endroit où évacuer le trop plein. Parce que je me dis, quand même, 6 ! On me prendrait pour une cas soc’. Même si je n’ai pas honte de moi, je reste assez méfiante de ce qu’on pourrait penser de moi. Moi toute seule, je gère mes problèmes, mais j’aurais honte de les partager. Et puis, à quoi ça sert ? Que peuvent-ils faire ? Rien, tout est réglé dans ma tête. Et ça tourne en rond, toujours, dès que je veux faire rentrer quelqu’un dans ma vie, dans cette vie-là.

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#jenaipasportéplainte

parce que je ne savais pas que quand on n’a pas envie, qu’on dit non et qu’on essaye de le repousser, c’est un viol ;

parce que je n’ai ni crié, ni mordu, ni frappé ;

parce que j’ai continué à le voir et ça a continué ;

parce que je croyais que c’était juste, comme ça, et que si je n’étais pas bien, c’était parce que c’était moi qui n’étais pas normale ;

parce qu’une « amie » te dit que tu es une salope ;

parce qu’une autre amie ne comprend pas pourquoi tu n’as pas crié alors qu’il y avait des gens à côté ;

parce qu’un psy te dit que quand il n’y a pas de couteau, ce n’est pas un viol ;

parce que je n’ai pas envie que ma famille sache ;

parce qu’avec tout ça, aucun policier ne me croira ;

parce que si je porte plainte, ce sera requalifié en agression sexuelle et que maintenant, il est trop tard.

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Affreuse soirée.

L’affaire DSK, tout le monde n’a que ça à la bouche. Je ne voulais même pas en parler. Je ne veux pas en entendre parler. Parce que l’affaire DSK, ça les fait rire. Les viols sur mineurs, ça les fait rire. Les jeunes filles complètement perdues dans leur sexualité, ça les fait rire.

On peut rire de pleins de choses, peut-être pas de tout. Peut-on rire de ces sujets ? Je me dis que tant que c’est du second degré, ça peut passer. Mais moi, ça ne m’a pas fait rire. J’ai trouvé ça déprimant : chacun a donné son opinion sur tous ces sujets et leurs avis n’étaient pas agréables à entendre. Pour ma part, je n’ai rien pu dire. Je n’avais aucune argumentation en place, juste mes sentiments. Je me suis tu. Je me suis sentie incapable de dire haut et fort ma vision des choses, celle que j’aimerais que tout le monde ait.

J’ai vraiment senti que je ne pouvais pas me battre contre tout ça. Je ne peux décidément pas parler, cette soirée me l’a prouvé. Mais je vais quand même essayer d’écrire.

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