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Posts Tagged ‘rue’

Tiens, j’ai envie de parler d’un truc joyeux aujourd’hui parce que je m’en rends compte presque tous les jours et ça change des trucs glauques, pas drôles, déprimants. Cela fait quelques mois que je me balade dans les rues, le jour, la nuit, seule ou non, sans que je sois victime de harcèlement de rue. Jamais.

Quand je croise un ou plusieurs hommes le soir, je ne suis plus sur mes gardes et l’idée qu’ils m’abordent ne me vient même plus à l’esprit.
Quand un homme vient me parler, mon premier réflexe est de penser que ce n’est pas innocent, qu’il vient me parler parce que je suis une femme. Et après quelques échanges, je me rend compte que non. Du coup, oui, je peux continuer la conversation en étant bien plus à l’aise. Je ne sais pas réellement comment je sais que c’est innocent, je le sens juste. C’est peut-être dans le regard, dans la façon dont on me parle, voire même dans les sujets abordés.
J’ai encore cette appréhension quand je vois un homme debout dans la rue, au pied d’une porte, à fumer, à attendre ou à parler avec des amis, qu’il me regarde comme un morceau de viande. Et quand je passe, rien.
Et je vous assure que ça, ça met de bonne humeur !

J’ai encore du mal à m’y habituer, c’est dire l’ampleur de ce que peut être le harcèlement de rue au quotidien. Le sexisme, le harcèlement et les violences sont ailleurs, sans aucun doute, mais dans la rue ils semblent absents. Par contre, j’en ignore totalement les raisons. Est-ce le fait d’une grande ville où il y a tellement de monde que tout le monde s’ignore ? Est-ce le fait de l’extrême politesse apparente du pays ? Ou y a-t-il eu une réflexion sur le harcèlement, la rue et les genres ? Ou autre chose, je ne sais pas. Mais ça me fait des vacances !

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On a tout-e-s vécu, en tant que femme, les sifflements, les rires gras, les blagues vaseuses ou les interpellations chargées de « compliments » dans la rue.

Je me rappelle, quand j’étais plus jeune, je me sentais surtout flattée, ou même j’enviais celles qui me racontaient ce genre de choses. Mais, après quelques années, après avoir vécu en ville et y avoir droit quasiment tous les jours, ça en devient lassant. C’est même plus que ça, on en a juste pas envie. Quand on passe devant un chantier, on redoute les sifflements. Parfois, souvent pour certain-e-s, on la joue cool, sympa, « oh merci », pas parce qu’on est touché-e ou parce qu’on le pense, mais pour éviter les ennuis. Si on leur crie un nom d’oiseau, ils risquent bien de surenchérir voire d’être bien plus violent (en tout cas on en a peur, qu’ils le fassent ou pas). Si on ne dit rien, alors on est une « salope méprisante ». Même quand on dit merci, on peut aussi être cataloguée de « salope » : bah oui, en nous « complimentant », ils nous donnent du pouvoir (sexuel?), alors il faut vite nous remettre à notre place. Bref, on a tout faux.

Un soir, en marchant dans la rue avec des ami-e-s, et sortant d’une soirée, je me suis trouvée inspirée et j’ai agi de la même manière que ces « dragueurs de rue » envers des hommes. Aucun n’a réagi, aucun ne m’a parlé et tout le monde m’a fui (et ils avaient bien raison). Peut-être qu’ils m’ont juste pris pour une fille saoule, mais je pense qu’ils ne voulaient juste pas être dérangés.

Moi ça me dérange quand on m’accoste dans la rue (pas pour me demander le chemin, on est bien d’accord). Que je sois pressée ou pas, certains ne me demandent pas gentiment que je leur offre un peu de mon temps, non, ils l’exigent ! Parce que je dois répondre : « Allez quoi, c’est pour faire connaissance, on est sympa! »

Franchement, ces gens-là croient-il réellement qu’ils ont une seule petite chance de « faire connaissance » avec la femme qu’ils interpellent ? Non bien sûr que non. Du moins pas avec un tel comportement. Est-ce qu’ils croient vraiment qu’on va leur sauter dessus parce qu’ils nous auront dit bonjour ?

Alors quelles sont leurs intentions ? Sûrement, se réserver l’espace public qui est la rue mais aussi la parole, puisque quoi qu’on dise, rien ne les satisfait. Je pense qu’ils tirent plaisir (généralement, ça les fait rire) à se sentir en position dominante ; ils savent qu’ils nous rabaissent en nous accostant ainsi dans la rue, qu’on ne peut rien dire ou pire, qu’on doit les remercier, ce qui est un comble ! Car c’est aussi s’approprier notre corps. Parce qu’après tout, c’est notre corps qu’ils scrutent et qu’ils jugent, comme si nous n’étions que ça. En public, nous ne sommes que ça. Notre personnalité, on s’en fout ; notre volonté, aussi.

Parce que quand on répond « oui vous me dérangez ; non, je ne veux pas vous parler/faire connaissance/que vous marchiez avec moi dans la rue », ils ne l’acceptent pas, continuent leur monologue et à nous suivre.

Alors zut, je ne jouerai plus à ce jeu-là. Je ne dirai plus merci. Je ne sourirai plus histoire d’être « sympa ». Je ne gaspillerai pas mon temps. Et je ferai bien comprendre que quand je dis non, c’est non.

Je me réapproprie la rue qui m’appartient de droit.

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